· 3 min de lecture · Eusel

Pourquoi j'ai quitté React et Vue pour Astro

Pendant des années, mon réflexe pour un site, c'était un framework SPA. React, Vue, peu importe. Puis quelque chose a commencé à me chiffonner — et Astro a remis les choses à l'endroit.

Réflexions Astro Front-end

Pendant des années, mon réflexe a été le même : un nouveau site ? Un framework SPA. React, Vue, l’un ou l’autre selon le projet. C’était mon terrain, je m’y sentais bien, et honnêtement ça marchait. Jusqu’au jour où quelque chose a commencé à me chiffonner.

Le malaise

À force de construire des sites vitrines, j’ai fini par voir le décalage. Pour afficher quoi, au fond ? Du texte, des images, quelques boutons. Et pour ça, j’envoyais au navigateur des centaines de kilo-octets de JavaScript, tout un framework à charger et à « réveiller » côté client, avant même que la page soit vraiment utilisable.

Ça me pesait. Pas seulement pour la performance — même si une page qui rame sur mobile, ça me gêne profondément. Ce qui me dérangeait le plus, c’était la disproportion. Un outillage lourd, une mécanique de build, un état à gérer, de l’hydratation… pour un besoin qui, lui, était tout simple. J’avais l’impression de sortir un semi-remorque pour aller chercher le pain.

Le déclic

Et puis je suis tombé sur Astro. La promesse était à l’inverse de tout ce que je faisais : du HTML par défaut, généré une fois pour toutes, et du JavaScript uniquement là où il sert vraiment.

Ce qui m’a convaincu de l’essayer, c’est que je n’avais rien à renier. J’écris toujours des composants modernes, je peux même garder React là où j’en ai besoin. La différence, c’est que je décide, morceau par morceau, ce qui mérite du JavaScript — au lieu d’en payer le prix partout, par défaut.

Ce que j’y ai gagné

Deux choses, exactement les deux qui me manquaient.

La rapidité, d’abord. Le contenu s’affiche tout de suite, parce qu’il arrive en HTML complet, sans attendre qu’un gros paquet de code se télécharge et s’exécute. Sur mobile, la différence se sent immédiatement.

La simplicité, ensuite — et c’est elle qui compte le plus pour moi. Moins de pièces mobiles, moins de mécanique à faire tenir, moins d’endroits où ça peut casser. Un site Astro, je le relis six mois plus tard et je le comprends encore. Ça paraît bête, mais c’est précieux : la simplicité, c’est ce qui dure.

Je n’ai pas « renié » React et Vue

Soyons clairs, parce que la nuance compte. Je n’ai pas quitté React ou Vue par rejet. Ils restent excellents — pour ce pour quoi ils sont faits : des applications riches, vraiment interactives, où l’on manipule beaucoup d’état côté client. Là, leur puissance se justifie pleinement.

Ce que j’ai quitté, c’est le réflexe. Celui de dégainer un SPA pour absolument tout, y compris pour une page qui n’est, au fond, que du contenu. C’est une erreur de calibrage, et j’en faisais partie.

Ce que je retiens

Le vrai changement n’est pas technique, il est dans la tête : le JavaScript est devenu une décision, plus un automatisme. Je me demande, pour chaque projet : ce site a-t-il besoin d’être une application, ou est-ce avant tout du contenu ? La réponse oriente tout le reste.

Et la plupart du temps, pour un site vitrine, la réponse est : du contenu. Alors je choisis la solution la plus simple et la plus rapide. Pas la plus impressionnante sur le papier — la plus juste pour le besoin. C’est exactement ce que je cherche aussi dans les projets de mes clients : la technique au service du résultat, jamais l’inverse.